Ainsi s’exprime Violetta dans La Traviata; s’il serait abusif de faire de cet air un hymne universel à la liberté des femmes, sa traduction littérale illustre bien l’attitude d’artistes qui ont revendiqué une liberté d’action dans un contexte social défavorable. Dans le domaine de la musique classique, Cécile Chaminade, Louise Farrenc et Florence Price ont toutes trois marqué l’histoire par leur détermination à faire entendre leur voix.

À la scène, n’accédant à aucune salle parisienne, c’est à l’Opéra de Marseille que Cécile Chaminade crée en 1888 son ballet Callirhoé, sur un livret d’Elzéard Rougier. Le Pas du Voile présenté au concert révèle le génie mélodique de Chaminade, la fluidité des lignes évoquant la légèreté des tissus dont est muni le corps de ballet. Dans un XIXème siècle français largement orienté vers l’opéra, Louise Farrenc, professeure réputée au prestigieux Conservatoire de Paris, fait le choix audacieux de se consacrer principalement aux genres de la musique de chambre et de la symphonie. Son Ouverture n°2 contient en germe la maîtrise d’une écriture qui fera d’elle une pionnière du renouveau de la musique de chambre et symphonique françaises.

Pièce maîtresse du programme, la Symphonie n°1 de Florence Price porte en elle l’expression d’un multiculturalisme. Celui d’une femme noire-américaine qui veut exister et faire entendre sa musique. Classicisme américain, folklore populaire, inspiration afro-américaine, révérence aux grands modèles, le tout dans l’architecture de la symphonie classique européenne, ainsi sont les ingrédients de cette symphonie pionnière de la fusion des traditions savantes et du patrimoine vernaculaire afro-américain. Florence Price fut la première afro-américaine à avoir été jouée par un des plus prestigieux orchestres américains.

En ouverture à ce concert, l’orchestre donnera sa voix à Barbara. Quand la musique classique symphonique a fermé ses portes aux femmes pendant des siècles, les scènes musicales de la chanson et du music-hall ont largement vécu grâce à elles. Avant elles, si les femmes ont été surtout interprètes, des figures comme Colette Magny, Anne Sylvestre ou Barbara ont ouvert la voie à un genre qui ira toujours grandissant après 1950. En devenant autrices-compositrices-interprètes, défendant leurs propres textes et musiques, elles ont revendiqué leur liberté d’expression dans un milieu de XXème siècle chansonnier dominé par les hommes.

De Violetta à Barbara, quatre voix de l’indépendance féminine.

 

Programme:

  • Barbara, arr. Benoit POLY - Göttingen 
  • Cécile Chaminade - Pas des écharpes, extrait de Callirhoé, Suite de ballet op. 37 
  • Louise Farrenc - Ouverture No.2 op. 24 
  • Florence Price - Symphonie No.1 en mi min
Concerts: 
Samedi 21 novembre 2026 - Concert 1
Dimanche 29 novembre 2026 - Concert 2